USA – Etat de l’Arizona & Nouveau Mexique

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Jour 47 : 26 septembre 2021

Phoenix – Los Angeles

Levés 8h 

Soleil

40°C

Petit déjeuner, le dernier avec Shirley.

Nous essayons tous les trois de faire bonne figure, mais le cœur n’y est pas. Pas facile de devoir se quitter après tout ce que l’on a vécu ensemble.

10h : Nous partons pour Scottsdale, dans le comté de Maricopa. Shirley souhaite nous faire découvrir cet autre partie de la ville, riche, luxueuse, en contraste avec ce que nous avons vu précédemment. 

D’un point de vue culturel, Scottsdale rayonne avec l’un des festivals d’art les plus réputés du monde et l’ancienne résidence hivernale de Frank Lloyd Wright. Connue comme « la ville la plus western de l’Ouest » avec son université formant au métier de cowboy, Scottsdale offre aussi une ambiance rustique authentique. 

Nous y passons une bonne heure, dans le quartier historique, toujours sous une chaleur écrasante.

Gildas profite d’un moment avec Shirley pour capter ses impressions sur ces 5 jours passés ensemble, sur le voyage, les rencontres. Je les laisse seuls pour ne pas gêner l’interview.

Nous finissons la matinée par quelques courses de souvenirs de l’Arizona.

Midi : Il faut partir pour l’aéroport de Phoenix, terminal 3 South.

Je ne suis pas bien, c’est le moins que l’on puisse dire. Cela fait 48h que j’appréhende ce moment.

12h30 : Nous nous quittons. Je n’ai pas envie d’écrire maintenant au sujet de cet instant, ce que l’on s’est dit, ce que l’on a ressenti. Juste vous dire qu’il a été bouleversant pour nous trois, et peut être qu’il devra rester entre nous trois.

13h : Nous repartons vers la Californie. Gildas se met au volant. 5h30 de route, 6h30 avec les arrêts. 

19h : Nous arrivons à Brea près de Los Angeles, chez Jean Philippe Baran qui nous avait accueilli quelques jours plus tôt à Big Bear Lake. Il a gardé durant ces 5 jours Suzanne dans son garage. Nous découvrons à notre arrivée qu’elle a été bichonnée !!  Jean-Philippe lui a refait une beauté extérieure !  Elle est superbe !

Nous dinons tous ensemble. Un régal, comme toujours chez Jean-Philippe, qui nous a même acheté des pâtisseries françaises…

20h30 : Nous repartons à notre motel.

Travail

Coucher : minuit

 

Jour 46 : 25 septembre 2021

Phoenix – Globe

Levés 8h

Petit déjeuner avec Shirley

Nous partons vers 10h chez Serena Padilla, amie de Shirley, native Tohono O’Odham, pour parler de la cérémonie de Sweat Lodge (hutte à sudation). Elle vit à Phoenix sur East Thomas Rd.

La cérémonie a eu lieu la veille au soir chez Serena qui possède un Sweat Lodge. 

Nous étions trop en retard pour y assister, nous sommes donc revenus le matin pour rencontrer Serena, et l’interviewer à l’intérieur de la hutte, au sujet de cette tradition amérindienne et de sa façon de la faire perdurer auprès de sa communauté.

Les cérémonies de la hutte de sudation ne se limitent pas à la transpiration – ce sont des rituels de purification utilisés à des fins très diverses, selon la culture et l’occasion.  La plupart des cérémonies de la hutte à sudation pratiquées aujourd’hui sont associées aux cultures amérindiennes, qui utilisent ces cérémonies pour remercier, guérir, rechercher la sagesse et purifier l’esprit, le corps et l’âme.

 Les cérémonies de Sweat Lodge amérindiennes ont généralement lieu dans des pavillons circulaires en forme de dôme.  Un feu est allumé directement à l’extérieur de la loge, entretenu par un firekeeper qui chauffe les pierres qui sont utilisées pour garder la loge chaude.

Chaque aspect d’une cérémonie de Sweat Lodge, de la construction de la hutte elle-même aux prières offertes, est imprégné d’un symbolisme profondément spirituel.  La forme de la loge est destinée à représenter le ventre de la Terre, qui renouvelle et purifie ceux qui s’y trouvent.

 La cérémonie elle-même est souvent divisée en quatre parties représentant différents défis spirituels.  La hutte à sudation est un lieu privilégié qui engendre l’introspection et la communion avec la Terre, ainsi qu’un renouveau des liens sociaux et culturels.  Le chant, le tambour et la méditation permettent aux participants de supporter la chaleur beaucoup plus longtemps qu’ils ne le pourraient habituellement, leur apprenant à surmonter l’inconfort physique et la frustration.

 Ces cérémonies peuvent être une expérience spirituelle profonde, et la science des huttes à sudation aide à expliquer pourquoi.  Des recherches ont montré qu’une chaleur soutenue libère les mêmes endorphines qu’une activité physique intense, mais sans la poussée d’adrénaline qui accompagne une séance difficile d’Ashtanga Vinyasa, par exemple.

 Les huttes de sudation peuvent également aider à combattre les infections en créant un état de fièvre temporaire dans le corps, qui, selon certains, réduit l’inflammation chronique.  La chaleur est également un excellent remède contre l’arthrite, les douleurs musculaires et les troubles cutanés, qui peuvent être améliorés par l’augmentation du flux sanguin à la surface de la peau.

Nous avons passé deux heures à échanger sous la hutte. Moment privilégié. J’étais entourée de Serena et de Shirley, deux aînées amérindiennes, l’une Tohono O’Odham, l’autre Athabascane, réunies autour d’une même tradition.

Elles me transmettent. J’écoute. 

Nous discutons entre femmes, Serena comme Shirley m’ouvrent leurs intimités, leurs récits de leurs vies brisées par les violences domestiques, les viols, les addictions. 

Elles pleurent. Je pleure. Tant de misère, tant de souffrances. Je n’en dirai pas davantage ici.

14h : Nous repartons pour Globe, plus à l’est, sur la 60.

Autre ambiance. Il s’agit du Gila County Fair Ranch Rodeo. 

L’occasion de voir une autre Amérique. Celle des cow-boys. Moment festif. 

19h30 : Retour à Phoenix.

Dîner avec Shirley. Le dernier avant son départ demain en début d’après-midi.

J’appréhende ce moment. Elle, aussi.

Coucher : minuit.

 

Jour 45 : 24 septembre 2021

Albuquerque – Phoenix

Levés : 7h30.

Petit déjeuner consistant avant de reprendre la route vers Phoenix ! Plus de 650 km

Nous reprenons la 40 West jusque Holbrook, puis nous traversons les forêts nationales de Apache Sitgreaves et Tonto jusque Phoenix.

Belle route. Beau temps général, avec néanmoins un orage sur la route.

Shirley conduit. Impossible de lui prendre le volant, elle aime conduire.

Les heures passées en voiture et les arrêts sont autant de temps passés avec elle à échanger, elle est dans la transmission permanente avec moi de sa culture et des autres cultures dont elle a connaissances. Je savoure chaque instant. Je réalise à peine la chance que j’ai. 

Tout est simple, fluide. L’entente de Shirley avec Gildas est du même ordre. Le trio fonctionne à merveille et les séquences filmées sont extraordinaires.

Nous arrivons tard sur Phoenix, heureux de cette belle journée, après quelques arrêts.

Dîner

Coucher : minuit.

 

Jour 44 : 23 septembre 2021

Flagstaff – Albuquerque

Levés : 8h.

Petit déjeuner à l’hôtel.

Nous avons rendez-vous ensuite à Cortland Boulevard (Flagstaff) avec Marilene (Asdzáá Gaii), femme Navajo, dont la nièce est portée disparue depuis 2019, laissant 3 jeunes enfants orphelins.

L’actualité récente sur la triste disparition de Gabby Petito ne doit surtout pas faire oublier qu’aux USA, les femmes  indigènes sont les plus vulnérables et ce, depuis des décennies, et que, contrairement à la famille de Gabby Petito, la plupart des familles amérindiennes ne bénéficient pas des services de police pour mener des enquêtes sérieuses qui permettent de retrouver ces femmes disparues (trafic sexuel) ou lâchement assassinées.

Nous discutons longuement, Shirley, Marilène et moi sur les circonstances de la disparition de Jamie, les manquements graves dans l’enquête, les difficultés de la famille à assumer financièrement l’éducation des enfants et les coûts pour tenter de retrouver Jamie par des méthodes annexes.

Je suis impressionnée par le courage de Marilène, sa force, sa détermination.

La présence de Shirley donne une dimension encore plus profonde à l’échange. Elle connaît parfaitement la situation en Alaska, qui est sans doute encore plus dramatique que dans tous les autres états américains.

Nous partons ensuite voir le mur qui a été érigé pour Jamie, payé par le mouvement MMIW. 

Le mur est à environ 30 minutes de voiture. 

Nous nous arrêtons et reprenons la discussion au sujet de Jamie.

Nous faisons un cercle, joignons nos mains. Shirley récite une prière pour Jamie.

Le moment est intense. Marilène s’effondre en pleurs, je ne peux retenir mes larmes face à sa profonde détresse. Mon dieu que la vie est difficile pour ces femmes amérindiennes.

Nous devons repartir. Nous quittons Marilène, la sœur de Jamie et les enfants avec la promesse de parler de la disparition de Jamie et d’essayer de les aider financièrement. C’est aussi cela l’Aventure Citroën, une belle aventure humaine, une œuvre utile à travers les pays qu’elle traverse.

Nous reprenons la route vers Winslow pour y déjeuner.

L’endroit est célèbre. Nous sommes sur la route 66, au Standin’ on the Corner Park, parc public de Winslow, ouvert en 1999, commémorant la chanson « Take It Easy » écrite par Jackson Browne et Glenn Frey et la plus connue des Eagles.  La chanson comprend le couplet « Eh bien, je me tiens dans un coin de Winslow, en Arizona et c’est une belle vue à voir. C’est une fille, mon Seigneur, dans une Ford à plat qui ralentit pour me regarder  . »  

Le parc contient une fresque murale en trompe-l’œil à deux étages de John Pugh, un camion Ford à plateau et une statue en bronze de Ron Adamson et d’un homme grandeur nature qui se tient dans un coin avec une guitare à ses côtés. Le parc est entouré d’un mur de briques, avec des fenêtres pour regarder ;  chaque brique a le nom d’un donateur dessus, et une histoire par chacun des donateurs décrivant leur penchant pour Winslow, Arizona.

Nous déjeunons au café d’en face. Ambiance 66 Road.

15h : Direction Albuquerque sur la 40.

Nous essayons en fin de journée d’aller à Pueblo Acoma sur la 23. Malheureusement, en raison du Covid, les portes de la ville en territoire indien sont fermées.

Nous poursuivons vers Albuquerque au Nouveau Mexique après plusieurs heures de route dans des paysages somptueux.

Dîner avec Shirley.

Coucher : minuit.

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ℹ️ Si vous souhaitez aider la famille de Jamie Yazzie, soutenir l’éducation des enfants et les recherches privées, vous pouvez faire un don :

 

Jour 43 : 22 septembre 2021

Phoenix – Flagstaff

Levés 6h30

Shirley doit passer à 7h dans notre chambre..

Sauf que Shirley a un problème de réveil ce matin et ce n’est que vers 8h que nous la retrouvons !

Breakfast. Café.

L’occasion d’échanger sur la journée à venir et de partager un moment de confidences fortes entre nous trois, qui resteront entre nous trois, mais dont nous nous souviendrons toute notre vie.

9h : Nous décidons de partir pour Flagstaff, via Prescott et Sedona.

Je laisse conduire Shirley. Elle adore cela. 

Nous prenons la 17 vers le nord puis la 69 vers Prescott. 

Une partie de la ville est sur le territoire Yavapai.

Nous nous arrêtons au Museum of Indigenous People. Nous passons 1h à regarder les superbes collections. Shirley continue la transmission. J’écoute, j’observe.

14h : Déjeuner à Prescott.

15h : Nous poursuivons la route sur la 89A en direction de Sedona, via Jerome. Une route superbe, à travers les montagnes ocres de l’Arizona.

Pause café à Jerome.

Nous arrivons vers 18h à Sedona. Pile au moment de la Golden Hour. Le soleil se couche sur les montagnes rouges. Le spectacle est magnifique.

Nous allons à la Chapelle of Holy Cross, puis à Bell Rock où je descends faire une balade avec Shirley. Nous finissons pieds nus. Elle m’explique qu’il faut ressentir la terre par les pieds lorsque nous venons pour la première fois.

Le soleil se couche.

Nous reprenons la route vers Flagstaff.

20h30 : Dîner.

22h : Travail

Coucher : minuit

 

Jour 42 : 21 septembre 2021

Los Angeles – Phoenix

Levés 6h.

Soleil

25°C

Nous partons pour Phoenix.

Nous avons décidé, en cette fin de voyage à travers l’Amérique du Nord, d’inviter Shirley Holmberg que nous avons rencontré 1 mois plus tôt, lorsque nous étions en Alaska. Shirley, native Athabascane, vivant à Fairbanks, nous avait ouvert les portes de la radio autochtone  »Voice of Denali » et nous avait beaucoup aidé pour fixer d’autres interviews. 

Nous nous sommes liées d’amitié.

Nous avons 5 jours de tournage en Arizona. Le climat étant trop chaud, même en cette saison, nous avons décidé de laisser Suzanne à Los Angeles, plus précisément à Brea, chez Jean-Philippe Baran, qui nous a si bien accueilli déjà à Big Bear Lake, quelques jours plus tôt.

Il est venu spécialement chercher Suzanne hier soir. Après 40 min de trajet, il m’a appelé pour me dire combien ce trajet lui avait plu et que la voiture était extraordinaire. Comme Anthony et les quelques rares privilégiés à avoir conduit Suzanne, il est tombé amoureux…

8h : Je récupère la voiture de location, une Jeep Compass, au loueur derrière l’hôtel où nous avons dormi. Il ne faut pas trainer, nous avons 6h de route et nous ne voulons pas manquer l’arrivée de Shirley.

8h30 : Nous quittons Los Angeles pour Phœnix.

670 km

14h20 : Nous arrivons à l’aéroport, au terminal 3 South. Il fait 40°C, le soleil est de plomb.

15h : Shirley sort enfin du terminal. Souriante. Comme toujours.

Nous nous faisons une accolade prolongée. Gildas filme ce moment suspendu. Nous sommes si heureuses de nous retrouver… 

16h : Arrêt au magasin DJI de Phoenix pour réparer le drone.

17h : Arrivée à l’hôtel Talking Spirit Resort, tenu par la communauté indienne de Salt River. Nous y retrouvons Serena Padilla, amie de Shirley qui nous a eu les meilleurs tarifs pour les chambres (tarifs tribaux).

18h : Diner avec Serena et Shirley.

Casino avec Shirley. Elle adore ça ..

21h : Travail

Coucher : minuit

 

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