Demande mondiale de voyages solide : le PDG d’United rassure malgré la crise au M.-Orient

par Anaïs Perrin
United CEO says global travel demand remains strong even as Middle East crisis expands

Malgré l’escalade des violences au Moyen‑Orient et une flambée des cours du pétrole, la demande de voyages reste étonnamment robuste, affirme Scott Kirby, directeur général d’United Airlines. Selon lui, les réservations récentes et les recettes engrangées dépassent nettement les attentes, une donnée clé à suivre pour les voyageurs et le secteur aérien.

Interrogé à l’issue d’une intervention à la Harvard School of Engineering and Applied Sciences, Kirby a souligné que la compagnie n’a pas observé de recul significatif de la demande. Lors d’un échange avec quelques journalistes, il a également évoqué l’apport potentiel de l’IA pour les compagnies et donné des conseils de carrière aux étudiants présents.

Sur le plan commercial, l’Europe est la région qui a le plus stimulé les réservations depuis le déclenchement du conflit : voyageurs d’affaires et touristes maintiennent leurs projets, et des détours de routes ont même généré des flux supplémentaires. United signale une hausse de plus de 20 % du chiffre d’affaires réservé depuis samedi, une progression qui illustre la résilience du marché.

Mais la réalité économique se durcit rapidement. Le baril de brut a gagné plus de 30 % en une semaine pour s’approcher de 88 dollars, tandis que le prix du kérosène aux États‑Unis a bondi d’environ 58 %, à 3,95 dollars le gallon selon l’Argus U.S. Jet Fuel Index. Ces hausses pèsent sur la structure de coûts des compagnies.

Les perturbations dans le détroit d’Hormuz — par where transitent habituellement près de 14 millions de barils par jour — compliquent l’approvisionnement et alimentent l’inflation du carburant. Kirby a estimé que l’augmentation du coût du carburant sera « significative » pour les comptes des transporteurs, tout en précisant que ceux‑ci chercheront à en atténuer l’impact en répercutant une partie des coûts sur les tarifs, et que ce mouvement devrait se produire rapidement.

United, qui n’exploite que peu de liaisons directes vers le Moyen‑Orient, n’a pas encore subi de perturbations opérationnelles majeures. La compagnie discute toutefois avec le département d’État américain de la possibilité d’utiliser certains appareils pour rapatrier des ressortissants bloqués dans la région — des échanges exploratoires qui n’ont pas abouti pour l’instant.

Un phénomène inattendu est apparu : une hausse notable des voyageurs en provenance d’Australie vers l’Europe. Fermetures et restrictions d’espace aérien ont poussé ces passagers à emprunter des itinéraires plus longs et déviés. Depuis le début de la semaine, United dit réserver plus de 1 000 passagers par jour sur cette liaison, contre moins d’un par jour l’an dernier.

Pour l’été, Kirby juge que les réservations semblent globalement conformes aux prévisions, mais il insiste sur l’importance des ventes à court terme — le créneau des 60 jours à venir — pour prendre le pouls réel de la demande. Il n’a pas chiffré la tolérance des consommateurs à une hausse tarifaire, mais a fait valoir que « l’économie générale est probablement en meilleure forme que ce que beaucoup imaginent », laissant entendre une résilience possible de la consommation de voyages.

Les analystes et investisseurs attendent désormais les annonces que feront les compagnies lors de la conférence annuelle JP Morgan Industrials, dans deux semaines, où les transporteurs devraient détailler l’impact attendu du conflit sur leurs résultats et opérations.

  • Faits saillants : hausse de plus de 20 % du revenu réservé depuis samedi ; kérosène en hausse d’environ 58 % ; pétrole autour de 88 USD le baril.
  • Conséquences pour les voyageurs : élévation probable des tarifs, itinéraires plus longs ou détournés, annulations et remplacements d’horaires.
  • Pour les compagnies : effet notable sur la rentabilité, mesures d’ajustement des prix à prévoir, recours ponctuel à des vols de rapatriement envisagé.
  • Points de vigilance : évolution des cours de l’énergie, fermeture ou réouverture d’espaces aériens et annonces financières lors du prochain sommet JP Morgan.

En filigrane, le secteur aérien montre une capacité d’adaptation : reroutages, ajustements tarifaires et opérations ponctuelles de soutien aux ressortissants. Mais si le conflit se prolonge et que le prix du carburant reste élevé, les passagers et les bilans des compagnies devraient rapidement en ressentir les effets.

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