Delta et Aeromexico sauvés: ordre de cessation rejeté, alliance maintenue

par Anaïs Perrin
Terminal d'aéroport avec tableau des départs affichant les vols et passagers circulant

Une décision de justice rendue jeudi maintient en l’état une alliance stratégique entre Delta Air Lines et Aeromexico, une nouvelle importante pour les voyageurs reliant les États‑Unis et le Mexique : elle préserve des liaisons, des fréquences et des avantages fidélité qui auraient pu disparaître si le Département des Transports américain avait obtenu gain de cause. Le verdict a des conséquences directes sur la concurrence et l’offre de vols transfrontaliers à court terme.

La Cour d’appel des États‑Unis pour le onzième circuit a rejeté la tentative du Department of Transportation (DOT) de mettre fin à l’accord immunisé entre les deux compagnies, en estimant que l’administration s’était appuyée de manière trop étroite sur le marché de Mexico plutôt que sur une analyse globale du trafic entre les deux pays — l’approche utilisée lors de l’approbation initiale du pacte en 2016.

Aeromexico a salué la décision en rappelant que l’accord permettait d’offrir « une connectivité renforcée » et davantage d’options de vols pour les passagers entre le Mexique et les États‑Unis. Delta, de son côté, a indiqué qu’elle restait concentrée sur la continuité des bénéfices pour ses clients, ses salariés et les régions desservies.

Ce que fait concrètement le partenariat

Un accord de type joint‑venture rapproche fortement la coordination commerciale et opérationnelle des deux transporteurs : planification commune des horaires, offres tarifaires coordonnées et ventes croisées. Le résultat est souvent une augmentation du nombre de liaisons et des fréquences sur des axes où, séparément, les compagnies auraient eu moins de capacité.

Deux compagnies aériennes coordonnant horaires et tarifs dans un centre opérationnel
Les accords de type joint-venture renforcent la coordination commerciale entre transporteurs.

Depuis sa mise en place, l’alliance a permis l’ouverture de nombreuses routes directes au départ ou à destination de l’aéroport Benito Juárez (MEX), notamment vers Phoenix (PHX), Raleigh‑Durham (RDU) et Tampa (TPA) — des connexions qui auraient été fragilisées en cas de dissolution du pacte.

Part de sièges entre les États‑Unis et le Mexique (fin août, source : données de programmation aérienne)
Opérateur Part approximative de sièges
American Airlines ~20 %
Delta + Aeromexico (alliance) un peu moins de 20 %
Volaris 19 %

Impacts pour les passagers

La poursuite de l’alliance signifie :

Passagers utilisant miles et points de fidélité pour améliorer leur voyage
Les programmes de fidélité croisés offrent des avantages accumulables aux voyageurs.

  • la préservation d’un plus grand nombre de vols directs et de combinaisons d’itinéraires ;
  • une pression concurrentielle qui peut freiner la hausse des prix sur certaines routes ;
  • le maintien des avantages réciproques pour les membres des programmes de fidélité (Delta SkyMiles et Aeromexico Rewards), notamment le cumul et l’utilisation de miles).

Sur la durée, la stabilité juridique de l’accord devrait aussi encourager les deux compagnies à conserver, voire à développer, leur offre transfrontalière — un signal important pour les entreprises et le tourisme entre les deux pays.

Un passé récent plus mouvementé

Ce n’est pas la première fois que le partenariat est soumis à des aléas réglementaires. Entre 2021 et 2023, la coordination commerciale avait été interrompue après que la Federal Aviation Administration (FAA) avait abaissé la notation de sécurité réglementaire du Mexique à « Catégorie 2 » — une évaluation du système de supervision national, non des compagnies elles‑mêmes. Le rétablissement du Mexique en « Catégorie 1 » en 2023 avait permis la reprise des échanges complets.

La tentative du DOT, engagée en 2024, constituait donc une nouvelle menace pour un accord qui, depuis dix ans, façonne l’offre aérienne entre les deux marchés. Le jugement de la Cour d’appel remet pour l’instant les pendules à l’heure, mais il pourrait encourager des recours ou de nouvelles réexamens réglementaires à l’avenir.

Pour les voyageurs, la décision se traduit par une moindre probabilité de réduction d’itinéraires et par la poursuite des services conjoints — au moins tant que le cadre juridique reste inchangé.

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